23

23
Chemin creusé

La pluie sèche glissera
Sur les tranchées de mes joues
Avant que naisse l'immensité
Avant que périsse la joie
D'un matin volé, de la proue
De ce bateau qui s'envole
Loin de mon quotidien brisé

La neige noire effacera
Les sillons de mes yeux
Les larmes qui me rongent
La volupté de leurs mensonges
Avant que s'éteingne mon symbole
Avant de descendent les divines aureoles

La course folle de mon Coeur
À travers les champs de guerre et de folie
A travers les esprits volages et incompris
S'arrête à l'instant où s'ouvre la chance
D'ouvrir à l'amour et l'errence
Le nid des années tendres et la simplicité
L'avenir, l'espérance et les chemins de liberté

# Posté le dimanche 11 février 2007 14:29

22

22
Aveu

Je laisserai le temps t'emporter
Sur ses ailes légères, vers la postérité
S'il faut que je baisse les armes
J'offrirai aux douleurs le cristal

Je laisserai les forces de la nature
Guider mes pas, garantir mon futur
S'il faut ensoleiller, je serai ta lune
Et mes duchesses salueront ta tribune

Je laisserai la faiblesse humaine
Aux regards misérables de haine
S'il faut peindre le gris en blanc
J'offrirai aux couleurs le firmament

Je laisserai parler mon c½ur
Pour entendre l'inconnu destin
S'il faut que je renaisse demain
Des cendres de mes tristes erreurs

Je laisserai ton pétale et tes épices
Flotter dans les abysses de mes yeux
Et dans l'incertitude de mes v½ux
S'il faut écouler la pureté de nos vices

Et s'il faut craindre la distance
J'offrirai au vent les graines d'éternité
Qu'un enfant, d'un sourire, m'a donné
Pour porter au monde sa dernière chance

Aude, 2 décembre 2006
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 02 décembre 2006 16:24

21

21
Lectures

Et si j'ouvrais le livre de ma vie
Juste le temps d'un éclat du soleil
Le murmure amoureux d'une abeille
Le clignement de ton regard tari

Et si j'ouvrais le livre de mon c½ur
Si j'acquiesçais devant ton empire
Si je laissais la poussière des erreurs
M'offrir les pierres pour construire

Et si j'ouvrais le livre de mon esprit
Pénétrant les sombres mythologies
Les pianistes aux pinceaux abstraits
Mes rêves secrets aux scripts imparfaits

Et si j'ouvrais mon être à ton sourire
Faudrait-il lever les armes et détruire ?
Et si mon c½ur n'était que du verre
Oserais-tu le souffler pour le parfaire ?

Et si ma vie n'était qu'une pierre tombale
Serais-tu l'épitaphe qui l'illuminerait ?
Et si mon amour se partageait
Aurais-tu la force de regarder l'aval ?

Et si je devenais avalanche d'émotion
Offrirais-tu mes rêves aux étoiles ?
Laisserais-tu la rivière aux écussons
Des ténèbres qui régissent l'opale?

Et si j'ouvrais une bibliothèque
De sourires et de mystères livresques
Apprendrais-tu à lire qui je suis ?
J'existe par tes yeux longeant ma vie

Aude, 2 décembre 2006
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 02 décembre 2006 13:17

20

20
Ne m'oublie pas

Ne m'oublie pas
Ne laisse pas l'automne
Succomber à l'hiver
Et l'hiver au printemps

Ne m'oublie pas
Ne laisse pas les nuits rouges
Porter à tes sourires
Les vieux souvenirs

Ne m'oublie pas
J'ai si peur de n'être rien
Un nom sur une pierre,
Une larme dans une rivière

Ne m'oublie pas
Ne laisse pas le temps effacer
Nos partages, nos voyages
Dans l'inconnu et les mirages

Ne m'oublie pas
Parce que je ne t'oublierai pas
Parce que je tarirai les océans
Et combattrai les lâches saisons

Ne m'oublie pas
Ne me laisse pas déployer mes ailes
Pour trouver ailleurs la reconnaissance
Dans un oubli posthume ou éternel

Ne me laisse pas devenir pierre
Pour porter mon nom et mes rimes
Pour laisser à l'oubli la poigne fière
Emplie de l'âme fragile qui m'anime

Aude, 28 octobre 2006
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 29 octobre 2006 06:21

19

19
Le présent

Lorsqu'un enfant quitte l'antre tendre et protecteur
Qui l'a abrité le temps de quelques feuilles tombées
Le temps de la peinture fraîche, d'un sourire prolongé
Il ne sait pas le présent que lui destinent ses admirateurs

Je pensais que vous m'aviez offert l'obscur royaume
Laissant à mon double la chaleur des matins de gouache
Privant mes larmes du parfum de l'aurore qui se cache
Dans les draps de son âme et de la légèreté qu'elle prône

Ce n'est qu'un jour gris et merveilleusement commun
Que mon c½ur s'ouvrit à cet amour éternellement fourni
Ce présent de prose et de délicatesse qui serait bientôt mien
Etait en fait l'empire que j'enviais au sortir des bougies

Promue princesse par une poignée de petites danseuses
Quelques fées éphémères jetant leur rire d'or et d'argent
Sur les cils à demi clos de mes rêves et berceuses
J'ai ressuscité mes muses, leurs rives et cieux d'antan

Je voguerai parmi tes souhaits, dans la solitude des astres
J'irai par les chemins sombres cueillir les mots d'amour
Perdus, volés, erronés, sur la pente de l'oubli et du désastre
Et rendre à mon tendre c½ur les perles que lui a volé le jour

J'irai, parce que ton image gravée dans ma roche intérieure
Sera l'onde musicale de la volupté de nos bras réunis
J'irai pour rendre aux amants et amis l'adorable bonheur
Qui nous fait vivre et nous fera offrir à notre tour la vie

Aude 20 septembre 2006
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 15:34

Modifié le samedi 07 octobre 2006 05:04